Par Moto-News 18 février 2016

Altes Elefantentreffen Nürburgring 2016

Les Eléphants, communément appelé les "Elephs" existent depuis 1956, année de la première édition. Ce rassemblement mythique a lieu le dernier week-end de janvier à Thurmansbang-Solla en Bavière et mi-février au Nürburgring.

La première édition date de 1956, où, dans la région de Stuttgart - au Glemseck, précisément (tiens, tiens !) -, une vingtaine de side-cars Zündapp KS601 surnommés « les Éléphants verts » se sont réunis pour lutter contre le dénigrement systématique de la moto en faveur de l'automobile (source : magazine Motorrad). Il s'agissait de démontrer que la moto n'était pas qu'un jouet mais pouvait rouler en hiver. Le fondateur était Ernst Leverkus, dit « Klaks ». En 1957, ils étaient 40 en side-car Zündapp. Puis les Élephs émigrèrent à Bad Dürkheim, Stadtoldendorf (près de Hanovre), Grossen Felberg, avant de s'établir au Nürburgring. Depuis, cette concentration est devenue internationale, multiculturelle et surtout légendaire. Pour être un vrai motard, il fallait avoir fait les "Elephs". Plus de 10 000 motards et badauds s'y retrouvaient chaque année mais, en 1977, un affrontement avec la police se soldait par un mort. Les Élephs ont dû émigrer sur le circuit de Salzbourg, en Autriche. Ils y restèrent jusqu'en 1988 mais, sous la pression des autorités, durent trouver un autre endroit. Deux groupes se sont alors formés : celui des organisateurs officiels, la BVDM, fédération allemande des motards, qui s'installa sur un circuit de stock-car à Thurmansbang-Solla et celui des nostalgiques qui obtint l'autorisation de s'installer sur le camping du Nürburgring. Chacun revendique l'authenticité du mouvement, le premier parce qu'il est l'organisateur depuis les années 1960 et l'autre parce qu'il a rejoint le Nürburgring où ce rassemblement avait grandi de 1961 à 1977. Ce dernier s'appelle Altes Elefantentreffen, altes signifiant « vieux ».

Loin des chromes brillants des customs et du vacarme des sportives poussées au « rupteur », les Éléphants regroupent les amateurs de moto « à la dure ». Les conditions y sont particulièrement difficiles, tant pour la route que pour le camping : neige, verglas et température toujours négative y sont fréquents... L'entraide entre motards prend ici tout son sens et facilite le quotidien.
Dans les années 1970, les journaux français affirmaient que les Élephs avaient pour origine la nostalgie des side-caristes de la Wehrmacht. Ce mythe inventé de toutes pièces subsiste encore.

Deux potes de nos lecteurs s\'y sont rendus cette année encore et nous ont livré quelques impressions…

"Après cette deuxième édition éléphantesque pour Manuel et moi, il m'est plus difficile de laisser traces sur papier pour conter notre journée, que celles laissées par nos pneus dans la neige.
Nous avons décidé de faire l'aller/retour dans la journée. Non pas que le camping hivernal nous rebute, mais notre emploi du temps ne nous a pas permis de faire mieux. Une route aller sans difficultés autres que le froid qui, au final, ne fut pas si impitoyable (cette année). Nos GS et Bonneville, dans un ballet, se délectèrent des sinueuses routes de l'Eifel.
Sur place, contre une astronomique fortune, qui nous sera partiellement remboursée à la sortie, nous recevons nos laissez-passer. La forêt, mélangée de boue et de neige, nous fait découvrir quelques attelages et motocyclettes hétéroclites ainsi que bon nombre de propriétaires singulièrement vêtus pour l'occasion : militaire, viking, gaulois, punk, il y en avait pour tous les goûts.
La journée se passe autour de grands feux où grillent saucisses et lards bien gras accompagnés de grosses rasades de bière ou de schnaps. Il faut assez peu de temps pour voir de nombreux jeux plus idiots les uns que les autres commencer. Des gus tirés par un quad sur des couvercles de poubelles, ou des burns dans… la boue !
Pour le moment, le décor est désespérément en manque de blanc… Pourtant, en début d'après midi, de beaux flocons blancs commencent à se mêler à la fête. Le décor devient d'un coup plus "éléphantesque" et on envie presque les sides avec roues motrices. Ces chutes de neige continuerons d'obstruer notre vision sur les deux tiers du chemin retour, nous apportant ainsi notre lot de dérobades sur notre territoire : les routes germaniques étant plus salées qu'un poulet en croûte !
Après un blanc cliché sur le toit du "plat" pays, un retour sans encombre nous conduisit pour un dernier verre au LouBar de Liège dont l'accueil chaleureux nous remis d'aplomb."

Même si ce n'était qu'une seule journée, faire trois cents kilomètres dans ces conditions force le respect. Les "Elephs" restent un mythe qui, il faut bien l'avouer, sombre un peu dans le folklore. Mais, en ces périodes de carnaval, le folklore a parfois du bon !

Photos : Manuel Bay, Olivier Demaret
Textes : Olivier Demaret et rédaction Moto-News

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