Par Moto-News 31 mai 2016

Comparatif Suzuki SV 650 et GSX-S 1000F

La SV 650 allie simplicité et fonctionnalité alors que la GSX-S 1000 F cache sous son carénage un moteur haut en couleurs. L'une et l'autre se sont dévoilées lors d'une descente vers le MotoGP de France en ce début mai.

Renaissance

Avec la SV 650, Suzuki a remis au goût du jour une moto née il y a plus de 17 ans, dont le moteur en V à 90° a été décliné dans de nombreuses variantes et plusieurs cylindrées. Pourquoi faire compliqué alors que le marché du deux-roues est en constante mutation? A n'en pas douter, il était financièrement plus avisé pour Suzuki de parier sur un roadster basique que sur une moto à l'élaboration plus coûteuse. Fidèle à son bicylindre, la SV 650 monte en puissance, par rapport à la défunte Gladius, avec une motorisation de 76 ch répondant désormais aux normes Euro 4, alors que le poids total de la machine régresse de quelques kilos pour descendre sous la barre des 200 kg (197 kg exactement liquides compris). Double disque devant, simple à l’arrière, une fourche traditionnelle de 41mm et un mono-amortisseur arrière dont le « rigide » débattement de 63mm peine à se faire oublier, voilà qui fait de ce roadster un engin simple mais d'assez belle facture. Les formes s’enchaînent harmonieusement et rien ne vient choquer le regard si ce n'est cet énorme silencieux censé retenir les méchants gaz responsables de tous nos maux environnementaux, à ce qu'il parait. D'une lourdeur excessive, ce dernier gâche un peu la légèreté générale des lignes. Il y a bien quelques durites un peu trop exposées au regard, mais rien de rédhibitoire. Un minuscule déflecteur en plastique remonte sur le tableau de bord et assure la seule protection dont bénéficiera le conducteur. Il est vrai que pour 6.599 euros, Suzuki a fait de son mieux pour proposer une moto bien conçue mais qui économise sur de petits détails esthétiques ou de finition. Après tout, peut-être sont-ce ces petites imperfections qui donnent son charme au produit...

Continuité

La GSX-S 1000 F est la version habillée du roadster GSX-S 1000. Bien plus puissant que sa petite sœur SV puisque le nombre de chevaux passe à 146 et le nombre de cylindres à 4, en ligne. Le traction Control se décline sur 3 niveaux et se retrouve dans un tableau de bord quasi identique à la SV 650. Devenu notre moto d'essai longue durée depuis fin avril, ce roadster, grâce à l’apport de son carénage, de deux petites sacoches latérales et d'un sac de réservoir, a bifurqué du créneau roadster à celui de GT sportive. Sa dénomination est d’ailleurs passée officiellement à "GSX-S 1000 F Sport Touring" au prix de 13.799 euros. Disponible dans cette finition sous ce coloris unique Metallic Triton Blue, la moto ne manque pas de charme ni d'atouts pour convaincre les amoureux des grands espaces. De la route, c'est justement ce que nous décidons de faire ce jeudi 5 mai, en direction du circuit Bugatti au Mans.

La GSX-S 1000 F est la version habillée du roadster GSX-S 1000

On met ça où ?

Pour quatre jours d'évasion et trois nuits d’hôtel, inutile de se charger trop lourdement. Si pour la GSX-S 1000 F, on profite des deux petites sacoches et du sac de réservoir pour caser ses affaires, il en va autrement pour la SV 650: rien n'y est prévu. Il faudra y poser une sacoche réservoir aimantée et accrocher un sac sur la partie arrière de la selle pour le transport de sa brosse à dents; vous avez dit modernité? C'est comme ça que je faisais dans les années... Et puis, oubliez ça, ça va me vieillir ! Si pour les journées des jeudi, vendredi et samedi, on annonçait du soleil et de belles températures, il n’en allait pas de même pour le dimanche où pluie et orages étaient attendus. Du coup, combinaison de pluie, surbottes et gants de rechange sont à prévoir. En attendant, il fait grand beau temps sur la place de Mons où nous faisons notre premier arrêt. C'est fou le monde qu’il y a sur cette Grand-Place en ce jour férié ! Des petites routes nous amèneront à notre premier hôtel réputé pour sa cuisine. La Sarthe étant à seulement 520 kilomètres de notre point de départ, nous profitons de nos deux journées de trajet pour flemmarder un max en appréciant nos deux montures. Pas de doute, la GSX-S 1000 F a de la sportivité dans ses gènes et ne renie pas sa filiation avec la GSX-R. Son 4-cylindres est fabuleux et peut s'exprimer avec violence, haut dans les tours, ou avec une infinie douceur à 40 km/h en 6ème. De l'onctuosité à volonté! L'habillage met le pilote à l'abri de la pression du vent mais n'écarte pas les mouchettes de la visière du casque. En fin de journée, il faudra même s'arrêter tous les 50 kilomètres pour la nettoyer. Comme il se doit, il en va de même sur la SV 650 où rien ne vous protège. Jusque 120 km/h, la conduite est agréable. Sa légèreté et l'incroyable maniabilité de ce petit bicylindre sont un appel au plaisir simple. Juste rouler en appréciant le paysage et une mécanique disponible entre 3.000 et 10.000 tours. Avec des hauteurs de selle plus ou moins comparables de 810mm (GSX) et 785mm, ces deux motos se destinent à un large public qui appréciera également des positions de conduite reposantes et les larges guidons participant activement à la maîtrise des 214kg et 197kg de ces deux machines.

Château de Villiers

Si vous souhaitez vivre, manger et dormir à l’ancienne, le Château de Villiers est fait pour vous. Le Mans est à 80 kilomètres, et vous rejoindrez le circuit en quelques tours de roues. Rien de mieux qu'un peu de calme après les 125 décibels autorisés des motos de course entendus tout au long du week-end. Nous profitons de ces moments de détente pour échanger nos impressions sur ce déplacement au Mans avec des motos si différentes. La SV 650 a pour elle un prix attractif et une maniabilité hors pair qui la rendent accessible à tout le monde. Son plus gros défaut viendrait des suspensions qui, au bout de plusieurs heures de selle, fatiguent le postérieur (et c'est pire pour un éventuel passager.) Imaginée pour parcourir de petits trajets au quotidien, la SV n’est pas vraiment conçue pour circuler sur longues distances, mais nous attestons par ce déplacement au centre de la France que c'est néanmoins dans ses cordes. Sa vocation première sera certainement l'écolage grâce à ses deux nouvelles technologies embarquées comme l'Easy Start System et le Low RPM qui facilitent la mise en route et les démarrages. Les consommations moyennes ont été de 4 (SV 650) et 5 litres avec des autonomies moyennes de 250 à 300 kilomètres pour les deux motos. Affichée plusieurs milliers d’euros de moins que les « grandes » GT, la GSX-S 1000 F Sport Touring peut réellement se destiner à de longs voyages. En duo, le confort ne sera certainement pas au même niveau pour la passagère que pour le pilote mais, si vous aimez rouler avec de la réserve sous la poignée de gaz, la 1000 F a de quoi plaire, même si nous roulions dans le cadre de cet essai avec la version 100 ch.

Retour chargé

Reprendre la route un dimanche 8 mai après un MotoGP et ses milliers de spectateurs, et en prime au terme du congé d'Ascension n'est pas vraiment une bonne idée. Dès 15h30, nous nous retrouvons sur une autoroute à l'arrêt où nous slalomons entre les voitures jusque Chartres d'où nous contournerons la capitale française pour rejoindre Reims, Rocroi et l'Entre-Sambre et Meuse par les petites routes. Un retour à la maison effectué en 7 heures qui nous confirme ce que tout le monde savait déjà, un MotoGP, ça vaut la peine d’être vu occasionnellement des tribunes. Quant à la SV 650, elle s'est montrée docile jusqu'au bout et accueillante tout au long de ces 1300 kilomètres parcourus. Comme quoi, même une petite peut apporter beaucoup de plaisir à celui qui sait s'en servir. La GSX-S 1000 F Sport Touring a confirmé tout le bien que l'on pensait d'elle et va encore nous le prouver dans les mois à venir en restant à notre service pour d’autres, grands et petits, déplacements.

La Suzuki SV 650 en quelques chiffres

Moteur : Bicylindre en V à 90°, refroidissement liquide, 645cc
Puissance : 76 ch (107 kW) à 8.500 tr/mn
Couple : 6,4 Nm à 8.100 tr/mn
Embrayage : multidisque à bain d’huile avec commande mécanique
Transmission : par chaîne et 6 rapports
Suspensions : fourche télescopique de 41mm et mono-amortisseur
Freins : double disque à commande hydraulique de 290mm à l'avant et monodisque à l'arrière, 240mm
Poids tous pleins faits : 197kg (ABS)
Réservoir : 13,8 litres
Hauteur de selle : 785mm
Prix : 6.599 euros

Suzuki SV650
Les +
Légèreté de l’ensemble
Lignes agréables
Prix
Les –
Fixation bagage éventuel
Pas d’aide à la conduite (sauf ABS)

La Suzuki GSX-S 1000 F Sport Touring en quelques chiffres

Moteur : 4 cylindres en ligne à refroidissement liquide, 999cc
Puissance : 145 ch (107 kW) à 10.000 tr/mn
Couple : 106 Nm à 9.500 tr/mn
Embrayage : multidisque à bain d’huile avec commande mécanique
Transmission : par chaîne et 6 rapports
Suspensions : fourche télescopique inversée de 43mm et mono-amortisseur
Freins : double disque à commande hydraulique de 310mm à l'avant, étriers monoblocs à montage radial et monodisque à l'arrière
Poids tous pleins faits : 214kg (ABS)
Réservoir : 17 litres
Hauteur de selle : 810mm
Prix : 13.799 euros

Suzuki GSX-S 1000 F Sport Touring
Les +
Moteur fabuleux
Sonorité
Freinage
Traction Control sur 3 niveaux
Les –
Protection du haut du corps
Coloris unique

Visitez la galerie photos - © Photos : Thierry Dricot

Suzuki et la légende

Invités privilégiés de Suzuki, nous avons pu déambuler dans les paddocks et dans le stand de Maverick Vinales et Aleix Espagaro selon nos envies. Assister à un GP, c'est ne pas voir grand-chose de la course mais vivre de l'intérieur une véritable passion qui anime profondément chaque intervenant. Encore dans l'ombre des « Grands » tels Yamaha, Honda et Ducati, le team Suzuki a prouvé pour sa 2ème année que l'on devrait compter sur lui pour animer la suite du championnat du monde. Sans faire de vague, sans polémique mais en s'entourant d’excellents partenaires. Un Grand Prix, c'est aussi cet engouement incroyable que le monde entier porte à Valentino Rossi. Pas un de ses déplacements n'échappe à son public et toutes ses actions en course sont ponctuées par une clameur digne d'un stade de football. Dommage pour Marquez et Lorenzo de ne pas avoir compris qu'être de grands pilotes ne suffit pas à s'attirer la sympathie de la foule. Sifflets et quolibets font dès lors partie du quotidien de ces deux champions. C'est ça aussi le monde du deux-roues, un univers où le résultat seul ne compte pas. Et nous, ça nous va!

Visitez la galerie MotoGP Suzuki Le Mans - © Photos : Thierry Dricot

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Lelandnen Lelandnen
20/08/2017 06:51
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